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Tactique et entraînement

Compléments et coureurs : ce que disent les autorités sanitaires

Les compléments alimentaires destinés à gagner en muscle ou à perdre du poids séduisent des sportifs de tous niveaux, des coureurs amateurs aux pratiquants de musculation. Pourtant, leur disponibilité en ligne ou en salle ne garantit ni leur…

Compléments et coureurs : ce que disent les autorités sanitaires

Les compléments alimentaires destinés à gagner en muscle ou à perdre du poids séduisent des sportifs de tous niveaux, des coureurs amateurs aux pratiquants de musculation. Pourtant, leur disponibilité en ligne ou en salle ne garantit ni leur utilité ni leur innocuité.


Les autorités sanitaires rappellent que certains produits peuvent provoquer des risques pour la santé ou entraîner un contrôle antidopage positif. Les données de vigilance disponibles jusqu’en février 2024 éclairent les précautions essentielles en nutrition sportive.


À retenir :


  • Effets indésirables parfois graves, notamment cardiovasculaires
  • Composition et provenance à vérifier avant tout achat
  • Avis d’un professionnel avant une supplémentation
  • Risque de dopage lié aux ingrédients ou contaminations

Compléments alimentaires pour coureurs : quels risques pour la santé ?


Les signalements sanitaires expliquent pourquoi la prudence s’impose, même lorsque le produit paraît banal ou largement vendu. Selon l’Anses, 154 nouveaux cas d’effets indésirables ont été déclarés entre 2016 et février 2024.


Effets indésirables rapportés par les autorités sanitaires


Parmi ces signalements, deux décès sont survenus et quatre personnes ont vu leur pronostic vital engagé. L’Anses indique également qu’une part notable des effets observés depuis 2016 était très grave.


« Depuis 2016, 20 % des effets indésirables se sont avérés très graves. »

Anses

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Les symptômes rapportés comprennent palpitations, accélération du rythme cardiaque, malaises, fatigue et troubles digestifs. Des atteintes neurologiques, dont des accidents vasculaires cérébraux, ont également été signalées.


Jeunes sportifs et substances à surveiller


Le risque peut être plus préoccupant chez les jeunes, dont l’organisme est décrit comme plus sensible que celui des adultes. Les stimulants ou ingrédients interdits, tels que l’éphédrine, le clenbutérol et certains stéroïdes anabolisants, exposent à des effets cardiovasculaires sévères.


Un coureur qui cumule plusieurs produits, par exemple un brûleur de graisse et une formule pré-entraînement, peut aussi multiplier les expositions. Cette association complique l’identification de la cause d’un symptôme et justifie un avis professionnel préalable.


Les données de vigilance signalent des conséquences possibles, mais la composition et le statut réglementaire déterminent aussi le risque sportif. C’est pourquoi l’examen de l’étiquette et de la provenance devient indispensable.


Manifestations possibles en cas d’effet indésirable :


  • Palpitations ou rythme cardiaque accéléré
  • Malaise, vertiges ou fatigue inhabituelle
  • Fièvre ou troubles digestifs
  • Symptômes neurologiques nécessitant une prise en charge

Point de vigilance Information rapportée
Période observée 2016 à février 2024
Nouveaux signalements 154 cas déclarés
Décès signalés Deux décès
Pronostic vital engagé Quatre personnes


« Les protéines sont un allié pour les grands sportifs et peuvent les aider dans leur recherche de performance. »

Inserm

Réglementation des compléments et risque de dopage


La vigilance sur les effets physiques conduit à examiner un autre enjeu : la conformité des produits et leur compatibilité avec les règles antidopage. Un complément vendu légalement n’est pas automatiquement autorisé par les instances sportives.

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Pourquoi la vente ne vaut pas autorisation sanitaire


Dans l’Union européenne, les compléments sont réglementés comme des denrées alimentaires, et non comme des médicaments soumis à une autorisation de mise sur le marché. Les entreprises responsables doivent néanmoins garantir la sécurité des aliments qu’elles commercialisent.


La réglementation harmonise notamment les vitamines et minéraux, tandis que d’autres ingrédients peuvent relever de règles nationales ou européennes spécifiques. Selon l’EFSA, l’évaluation scientifique contribue aux décisions européennes sur la sécurité et l’utilisation de certaines substances.


Contamination et contrôle antidopage positif


Un ingrédient interdit peut être présent frauduleusement, ou un produit peut être contaminé durant sa fabrication. Dans les deux cas, un sportif peut être exposé à un résultat analytique anormal, même s’il n’a pas cherché à se doper.


« Leur présence dans les compléments alimentaires constitue une fraude et peut exposer le sportif consommateur […] à un contrôle positif. »

Anses


Selon l’Anses, un ingrédient conforme aux exigences françaises peut ne pas être autorisé par l’Agence mondiale antidopage. La conformité alimentaire ne suffit donc pas à établir qu’un produit convient à la compétition.


La composition, la traçabilité et les règles sportives doivent ainsi être vérifiées ensemble. Les recommandations officielles privilégient aussi la prudence face aux achats sur internet, où l’origine peut être difficile à contrôler.


Vérifications utiles avant l’achat :


  • Liste complète des ingrédients et avertissements
  • Origine et traçabilité du produit
  • Compatibilité avec les règles antidopage applicables
  • Conseil d’un professionnel de santé ou du sport
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Ces distinctions réglementaires conduisent à une question pratique pour les coureurs : dans quelles situations une supplémentation est-elle réellement justifiée ?


Nutrition sportive : les recommandations officielles aux coureurs


Une fois les risques identifiés, le choix le plus utile consiste souvent à partir des besoins réels plutôt que d’une promesse de performance sportive. L’alimentation habituelle constitue le premier point à examiner, avec un professionnel si nécessaire.


Évaluer les besoins avant toute supplémentation


Les protéines participent aux besoins des sportifs, mais leur présence dans l’alimentation ne signifie pas qu’un complément est systématiquement nécessaire. L’Inserm appelle à éviter la surconsommation et à considérer les effets possibles d’un recours inadapté.


« C’est vraiment une chose à laquelle on est beaucoup confronté aujourd’hui. »

Béatrice Bourgeois, AFLD


Cette remarque concerne les arguments de contamination avancés dans certains dossiers antidopage, et non une preuve que tout produit est contaminé. Pour un amateur comme pour un compétiteur, demander conseil à un médecin ou à un diététicien du sport réduit les décisions prises au hasard.


Réduire les risques lors d’un achat ou d’un usage


L’Anses recommande d’examiner la composition, d’éviter plusieurs compléments pris simultanément et de ne pas les associer à des médicaments sans avis professionnel. Ces précautions aident à limiter les interactions et les expositions difficiles à évaluer.


Pour un coureur préparant une épreuve, remplacer un repas ou multiplier les poudres n’est pas une stratégie validée par les données fournies. Une alimentation variée, adaptée à l’effort, et un suivi individualisé offrent un cadre plus prudent.


Avant de prendre un produit, vérifier ces éléments :


  • Objectif précis et besoin établi
  • Composition intégrale et dose recommandée
  • Absence d’association risquée avec médicaments ou autres produits
  • Avis d’un professionnel connaissant la pratique sportive

Situation Précaution adaptée
Produit acheté en ligne Contrôler provenance et informations disponibles
Plusieurs compléments envisagés Éviter le cumul sans avis professionnel
Traitement médicamenteux en cours Demander conseil avant association
Compétition avec contrôle antidopage Vérifier les ingrédients au regard des règles sportives

Les compléments ne remplacent ni l’évaluation des besoins ni le suivi adapté à chaque sportif. Pour protéger sa santé et sa pratique, mieux vaut vérifier le produit avant de l’utiliser que chercher à corriger ensuite ses effets.


Source : Anses, alerte sur les compléments alimentaires destinés aux sportifs ; Inserm, informations sur les protéines et la pratique sportive ; EFSA, cadre européen applicable aux compléments alimentaires.

À retenir

Un football qui se construit dossier après dossier

Qu'il s'agisse d'histoire, de compétitions, de tactique, d'impact social, de football féminin ou d'économie des clubs, chaque rubrique raconte une facette différente du même sport. Rien n'est figé : chaque évolution des règles, chaque compétition et chaque initiative peut encore faire évoluer le football de demain.

Pour aller plus loin

  • Comparer plusieurs sources avant de juger la portée d'un chiffre ou d'une date
  • Replacer chaque évolution du football dans son contexte historique réel, pas seulement sa date
  • S'intéresser aux dynamiques sociales et économiques autant qu'aux résultats sportifs
  • Suivre l'actualité du football pour voir ces équilibres évoluer d'une saison à l'autre